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Du Nord-Ouest au Sud-Est de la Sardaigne

En 2024, nous avions aperçu la Sardaigne depuis Bonifacio lors de notre itinérance sur la GT20 (que nous détaillerons bientôt sur ce site). Ce sentiment conjoint de proximité et d’éloignement se ressent particulièrement lorsqu’on est au bord d’un détroit dont la rive opposée est inaccessible. Alors, on se prend à rêver, à imaginer cette terre où il n’est pas prévu d’aller et on se donne rendez-vous pour s’y rendre un jour.

De ce désir pour la grande île, si proche et si loin, est née cette itinérance estivale réalisée en itinérance légère compte tenu du dénivelé, mais aussi parce que nous souhaitions parcourir des kilomètres et préserver un peu de confort.

De l’autre côté du détroit tout est différent à commencer par la taille de l’île qui est presque 3 fois plus grande que la Corse, sa langue, mais aussi son relief nettement plus doux que celui de l’île de Beauté. La Sardaigne ce sont des montagnes, de grands espaces, une côte magnifique, des peintures murales à foison et une âme authentique. Effectivement, de l’autre côté du détroit tout est différent !

Impossible de faire le tour de l’île en une semaine, nous choisissons donc de tracer une boucle du nord-ouest au sud-est de l’île avec 736 kilomètres et 10 177 m de dénivelé positif. À travers le regard de Cécile et le mien, c’est parti pour la grande île, si proche mais si différente de la Corse.


Récits et parcours des différentes étapes :

Après une belle nuit sur le ferry (c’est toujours bien les ferrys, on y est bien installés dans un sas qui sent bon les vacances), on débute à la fraîche notre ballade. La sortie de Porto Torres se fait par de belles zones industrielles décrépies, grandeur et décadence, avant de gagner rapidement la campagne et ses beaux troupeaux de moutons. Au passage une magnifique tortue 🐢 qui traverse 😍. Nous gagnons ensuite Alghero, jolie ville balnéaire avant de longer le littoral jusque Bosa.
C’est une très belle ville et son beau château et ses ruelles colorées qui se prolongent par Bosa Marina où nous avons notre hôtel.
La mer toute proche est rafraîchissante sous cette forte chaleur 🥵

Stephen

Après un départ plus que stressant et « sur le fil » (à tous les sens du terme), une fois les points enlevés (après 1 🐰 du rendez-vous dans un cabinet d’infirmiers qui m’a mis sens dessus dessous…), enfin Toulon, le bateau et la décompression ! Bonheur de se laisser porter par le ferry, en mode pension complète !! 🤗 Départ en vélo à la sortie du ferry, pas totalement frais mais à la fraîche!! Et il fallait bien cela, le thermomètre grimpe bien vite ! Heureusement la route est très belle! 1ere partie assez campagne avec de nombreux troupeaux de moutons! Puis nous arrivons sur la côte, traversons Alghero puis empruntons une magnifique route en surplomb au-dessous de la mer!! Arrivée à Bosa, jolie petite ville avec sa partie balnéaire et sa partie historique (et son enfilade de maisons pastel) ! Et un plouf pour se remettre de tout cela !

Cécile

Dans un monde idéal, il aurait fallu partir tôt, très très tôt… Mais dans le monde des humains, il aurait été dommage de rater le p’tit dej de roi de notre hôtel de Bosa Marina (un hôtel de bikers, les bikers avec un gros moteur bruyant! 😁) ! Et du coup, il fait vite chaud, très très chaud. On peut même qualifier cela de climat torride, le tout dans un paysage dominant de vastes plaines désertiques. Sous l’effet du soleil, l’odeur du figuier, omniprésente, en devient entêtante. Sur le chemin, des vestiges archéologiques de la civilisation nuragique, société préhistorique sarde. Un vent chaud souffle en continu… D’abord très pénible, car contre nous, il nous aide bien sur la 2nde portion! Pause très agréable dans la -seule- ville des environs, Oristano! Puis, il faut en finir, heureusement ça ne monte pas beaucoup jusqu’ à la ville thermale de Fordongianus! Accueil charmant dans un B&B (quasi le seul d’ailleurs…) de la commune. On prend le temps de discuter avec nos hôtes, c’est bien agréable. La ville semble bien misérable… Pourtant, elle recèle des vestiges romains, et notamment les anciens thermes, tout à fait exceptionnels… Et compte encore les sources thermales qui ont fait sa renommée (pas de bain, pour nous, l’eau à 50 ° n’est pas bien séduisante….). Puis, il est temps de goûter les spécialités locales, des pâtes typiquement sardes, les fregulas et un dessert tout à fait singulier, la seada, sorte de chausson farci au fromage local et généreusement nappé de 🍯 !

Cécile

Après un petit déjeuner dans la très belle salle de notre hôtel, nous remercions notre hôte et quittons Bosa vers le sud. Très vite, le dénivelé s’invite sur notre route. Comme hier, même si la mer n’est pas loin, on enchaîne les remontées avant de plonger sur le campidano d’Orestano pour retrouver du plat. Il est donc logique que ces anciens marais, asséchés à l’époque fasciste, soient une zone agricole prisée avec oliviers, vigne et même de la lavande.
Le vent chaud, souvent favorable, nous pousse jusqu’à Oristano où nous faisons une pause pour manger. Le thermomètre s’approche déjà des 40 degrés.
Heureusement, il nous reste à peine 20 kilomètres pour rejoindre Fordongianus, étape du jour. Ces derniers kilomètres seront assez rudes : on dépasse les 45 degrés dans la plaine.
C’est dégoulinant de sueur que l’on arrive chez Gino et Giovanna qui nous accueillent royalement. Gentillesse, authenticité et échanges dans la langue de Dante avec une bière bien fraîche.
En fin d’après-midi on visite Fordongianus, village d’origine romaine avec des thermes toujours actifs et une eau à 50 degrés (non merci !). Le vent chaud balaie des constructions de pierre rouge. Il flotte une odeur de figuier et une impression de langueur à la lueur des grands espaces que nous avons traversés aujourd’hui. Les mots de l’écrivain David Herbert Lawrence affichés dans notre chambre ont une résonance particulière : « La Sardaigne est autre chose … Le présent donne une sensation d’espace qui manque tant en Italie ».

Stephen

Nos hôtes, Giovannina et Gino, ayant accepté sans souci de nous préparer un petit déjeuner à 6h du matin, nous quittons Fordongianus de bonne heure, très touchés par la gentillesse de leur accueil. Il faut dire que l’étape du jour est l’étape « reine » en raison du dénivelé. Changement de région naturelle aujourd’hui, puisque nous gagnons la Barbigia, contrée montagneuse et isolée que l’on pourrait qualifier de Sardaigne « authentique » selon le terme consacré. La vérité est, comme toujours, beaucoup plus complexe, puisque c’est une région rurale et isolée que nous traversons avec ses troupeaux de moutons en plein milieu des routes (dont l’état laisse parfois franchement à désirer).
Ce n’est pourtant pas une contrée dépeuplée, elle fut d’ailleurs peuplée depuis fort longtemps car les vestiges archéologiques sont omniprésents. Les aménagements plus récents ne sont pas en reste avec des villages perchés et lacs de retenue.
Heureusement, la végétation nous protège de la chaleur ce qui nous permet de gagner Sarule pour déjeuner. Ici, deux cyclistes itinérants n’émeuvent pas les foules, on pourrait donc presque parler d’authenticité face à ces intrépides qui partent à l’assaut de la forteresse en pleine chaleur.
Pourtant ce terme est très mal à propos car c’est une terre fière, farouchement rebelle et antimilitariste. Les nombreuses fresques murales d’Orgosolo le confirment : nous sommes dans une terre militante avec un étonnant contraste entre la nonchalance et des consciences politiquement éveillées. Ici, nous sommes loin du street-art et de ses dérives : les peintures murales se succèdent, portent des messages forts, et meurent car elles ne sont jamais restaurées. L’œuvre devient mortelle et éphémère alors que les vestiges préhistoriques persistent …

Stephen

7h, départ de notre B&B de Fordongianus, nous quittons Giovanna et Gino, tellement gentils et prévenants envers leurs hôtes! L’étape est annoncée dure alors autant dire qu’il valait mieux ne pas faire la grasse mat’! 😅 La montée arrive tout de suite… Le but est d’atteindre la « montagne » comme le dit Giovanna, et… ainsi, soi disant, « plus de fraîcheur »!! On longe dans un 1er temps le Tirso, le fleuve le plus long de Sardaigne, avec plusieurs retenues à traverser! Les montées sont laborieuses… Quand le GPS t’annonce 10km de montée, et le tout à trois reprises, faut garder le moral (et passer le petit plateau!) ! 😅En plus le revêtement est souvent mauvais, ça n’aide franchement pas! Heureusement il y a des moutons en veux-tu en voilà, parfois même en pleine route, ça distrait ! Et puis au moins, en Sardaigne, on ne finit pas en apéro pour patous… Les chiens sont lâchés mais absolument pas agressifs… (On a dû leur apprendre à distinguer un pauvre promeneur /cycliste et un loup, à eux!). Pour la pause dej, une fois le plus gros des montées encaissé, nous atterrissons à Sarule, joli village perché ! Pas de touristes aux environs, au bar, des hommes rien que des hommes, on surveille les vélos mais, l’un dans l’autre, nos vélos n’intéressent franchement personne!! 😂 D’ailleurs, pas un seul vélo à l’horizon de toute la journée… On ne se sent pas oppressés par la surfréquentation! 😁Finalement nous arrivons à Orgosolo, commune qui a fait sa notoriété avec ses murs peints ! 400 peintures murales environ! Porteuses pour la plupart de messages altermondialistes et pacifistes ou mettant en avant des luttes locales voire internationales. Pourtant, la teneur des messages est un peu en décalage avec l’impression laissée par cette ville : gros pick-ups, le klaxon facile, des terrasses de café 100% masculines, des femmes absentes de l’espace urbain… Après la déambulation des murs peints, nouvelles découvertes gastronomiques, avec des pâtes typiquement sardes, les culurgiones, des sortes de raviolis fourrées à la patate et au fromage de brebis !! 🤩

Cécile

Sur le papier, cela paraissait simple : partir de 600 m d’altitude pour aller en bord de mer, à 0m! Bref, tout schuss ! 😁Mais en pratique, on part de 600, on monte à 900-1000 et on reste quelques temps sur un très beau plateau planté de chênes ! Nos principaux compagnons : 🐖 + 🐄 + 🐑 !! 🤩Tjs pas un seul vélo aux environs par contre…🤔 Puis après une pause réconfortante au café de Jerzu (village belvédère en surplomb au dessus de la cote) , nous piquons plus nettement vers la mer! Arrivée dans un hôtel dans les environs immédiats de Tortoli! Quelques centaines de mètres d’une plage très peu fréquentée!…😊 Et c’est le plouf 🌊 puis resto de plage 🍕!

Cécile

Après le fort dénivelé d’hier, la perspective de toit redescendre pour aller vers la mer semblait assez évidente. Ce sera globalement le cas, à quelques nuances près !
On débute la journée par une belle montée qui nous amène sur un plateau où de paisibles cochons sauvages viennent à notre rencontre (pas si sauvages que ça les bougres !). Nous sommes sur le Supramonte, à plus de 1000 m d’altitude, qui est un endroit très isolé avec une biodiversité très préservée. Aucun village pendant plus de 40 km. D’ailleurs, il n’y a pas de route directe pour rejoindre notre prochaine étape. Nous longeons donc une grosse route, traversons un tunnel de 1800 m (toujours un plaisir … mais il y fait bien frais et bien éclairé ça passe sans souci) avant de rejoindre une autre région naturelle : l’Ogliastra.
Ici ce sont les villages qui sont accrochés à flanc de montagne, on est proches de la mer mais l’ambiance est toute autre. Après une pause à Jerzu nous piquons enfin vers la mer. Le ciel commence à se charger : il y en a qui vont avoir de l’orage ce soir…
Rien de tout ça sur la mer mais un brusque changement de paysage : on arrive dans une campagne proche du littoral avec des routes désertiques, des campings, roseaux et autres exploitations porcines. Notre hôtel est d’ailleurs étonnant par sa localisation : on s’engage dans un chemin qui clairement ne paraît déboucher sur rien, aucun panneau et personne à l’horizon. Pourtant, au bout du chemin il y a bien un hôtel, et une plage déserte, à l’eau cristalline, dont nous allons bien profiter ! Au fond sur la montagne, le ciel est nettement plus chargé mais ici, pas une goutte. Comme en Corse, les transitions sont rapides !

Stephen

Nous débutons la journée par un petit crochet sur le port d’Arbatax dont nous n’avons pas vu grand-chose hier tant notre hôtel était à l’écart. On quitte les chemins de campagne, au bitume très entamé, avec des troupeaux de moutons qui traversent les routes, pour rejoindre ce petit port qui m’évoque la Crète.

Puis nous rejoignons le route SS 125 que nous n’allons pas quitter de la journée. Ici encore l’analogie s’impose : la SS 125 est la nationale 7 française sarde ou plus justement la route US 66 sarde. C’est une route mythique qui traverse tout l’est de l’île de Palau (au nord) à Cagliari (au sud) dont j’avais entrevu des t-shirts un peu kitsch dans des boutiques d’Orgosolo, il y a quelques jours.

De prime abord, je songeais que c’était une énième vanité, que comparaison n’est pas raison, ou pire que c’était encore un coup de marketing. En cette journée des comparaisons, j’aurai du me douter que la vérité est toute autre…

Dès les premiers lacets, les roches rougeoyantes me transportent dans la montée de l’Estérel, entre Fréjus et Mandelieu, les eucalyptus en moins et les moutons en plus. La route s’élève tranquillement jusqu’à Baunei, 480 m d’altitude. Au loin, le port d’Arbatax semble un autre pays, il faut dire qu’ici c’est un village perché à l’allure corse entre Porto et Calvi !

On bascule sur un magnifique plateau à l’allure de désert, la comparaison avec la route US 66 ne serait donc pas si folle si je me fie aux cactus 🌵 du bord de la route ?

Puis la montée se poursuit régulièrement à travers des tunnels ajourés, nous voici dans le col du Lautaret, entre Briançon et Grenoble, avant de rejoindre le Genna Sillana, 1008 m d’altitude et point culminant de la journée.

Une descente régulière durant laquelle je prend beaucoup de plaisir (tout arrive !!), nous permet de gagner Dorgali et ses tables qui permettent de manger dans un supermarché… comme en Croatie.

Encore quelques kilomètres, dont un bon raidard à 15% avant d’entamer la descente jusqu’à Cala Gonone à travers une route vertigineuse creusée dans la falaise. Encore un changement de lieu, on dirait le col de Banyuls avec une transition de la montagne vers la mer. Deux salles deux ambiances en quelques kilomètres seulement. Alors combien de salles et combien d’ambiances en 87 km ?

Ce qui est sûr c’est que cette étape fut magnifique, j’ai voyagé à travers de multiples pays sur une distance si courte. Promis, je ne me moquerai plus des français qui comparent Bruges à Colmar. Si comparaison n’est pas raison, est-ce qu’on peut dire qu’elle renforce l’émotion ?

PS : Comme vous vous en doutez, nous sommes bien sûr encore en Sardaigne …

Stephen

Un vrai concentré de beauté méditerranéenne pour cette étape! Nous quittons notre jolie plage calme de la baie d’Orri à côté de Tortoli! Petit bonus pour aller profiter de la vue sur le Port d’Arbatax, port marchand et de plaisance, avant d’emprunter la route ss 125! Elle nous transporte du bord de mer jusqu’à plus de 1000 m d’altitude! Alors forcément, c’est quand même laborieux… (1ere montée de la journée de 16km…ca laisse le temps de méditer tout ça…). Mais la récompense est bien là, le panorama est époustouflant et ça sent bon tout le long, le figuier, le laurier, il y a aussi beaucoup d’immortelles le long de la route, des chênes, des genêts ! La programmation musicale est assurée à 100% par nos amies les cigales! On croise même 3 ou 4 vélos (c’est pour dire!). On arrive à Dorgali, pour un pique nique 100% sarde 😋. Puis une dernière montée « digestive » (hum hum le gps annonce 14% de moyenne 🤔) avant de piquer franchement sur le village de Cala Gonone, le long d’une côte très faiblement accessible en voiture! Bientôt le plouf! 🌊🌞

Cécile

…ou : comment passer du « tout tourisme » au « zéro tourisme » !? 😁
Malgré un départ plutôt matinal, il fait déjà très très chaud à Cala Gonone ! Et voilà qu’il faut bien quitter le golfe d’Orosei…et donc monter! Le trafic vers les.plaged est déjà très dense! Mais nous sommes à contre-courant, nous repartons!! Car à présent, il faut bien remettre le cap vers le nord-ouest pour retrouver, à contre-coeur, notre ferry pour la France ! Nous voici donc au milieu d’une belle plaine désertique, en mode Bagdad Café, avec vue sur les montagnes environnantes ! Arrive finalement la Ville de Nuoro, l’une des plus grosses villes du centre de la Sardaigne ! Elle est perchée à flanc de montagne! Il faut donc grimper à l’assaut de la forteresse ! Et se ravitailler bien au frais au bar gelateria! Car c’est presque le ressenti le plus chaud de la semaine. Le vent chaud sèche les yeux, les températures montent jusqu’à 48°… 🫣 Heureusement l’aprem n’est pas si long, nous arrivons, après une montée finale ardue, à Bono! Bono, c’est très simple, le guide du Routard n’en parle même pas… Même pas il figure sur la carte! Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous sommes hors des sentiers battus… Mais Bono nous confirme bien un ressenti depuis le début du séjour : la Sardaigne semble bien pauvre… notre hôtel est bien le seul de la Commune et le seul des environs élargis, le tourisme n’est pas arrivé jusqu’à Bono, et ne semble pas prêt d’y arriver.

Cécile

Cala Gonone étant lovée entre la mer et la montagne, entourée par des pentes raides, il fallait bien se douter que la journée allait démarrer par une montée à froid. Pourtant, ce ne fut pas la montée prévue car après notre descente par le Passo Littu hier, nous avons réajusté le parcours pour quitter la bourgade par la montée « conventionnelle » et non par l’historique. En effet, dans le cadre du développement touristique, une route en lacets et un tunnel ont été aménagés pour relier la ville au reste de l’île.
Ce tunnel de 400m de long est une véritable frontière. Sitôt franchi, on passe dans un autre monde : celui de la montagne avec un retour sur la SS 125 jusqu’à Orosei, ville éponyme du golfe.

Initialement, nous devions aller directement de Cala Gonone à Nuoro, mais il était trop difficile de quitter la SS 125 après la journée d’hier. Ce sera donc quelques kilomètres supplémentaires vers le nord jusque Orosei avant d’obliquer vers l’ouest à Nuoro.
Un changement dicté d’abord par le plaisir mais aussi par la raison : il fait très chaud, Orosei permettra de nous ravitailler en eau et nous serons à Nuoro pour manger.

La route jusque Nuoro est plus tranquille, un petit air de pampa déjà vue avec 40 km sans âme qui vive et quelques montées pour vérifier si les mollets répondent toujours présents.
L’arrivée à Nuoro se fait au terme d’une jolie montée où la ville apparaît comme perchée. Vue d’ici, on croirait un village alors que c’est un chef-lieu de province fort de 36 000 habitants.

La sortie de Nuoro nous donnera un aperçu plus éloquent de son importante taille (pour la Sardaigne ça va de soi…) car nous allons rouler sur les voies rapides et passer quelques échangeurs pendant une vingtaine de kilomètres. Heureusement qu’on a l’habitude de rouler sur ce genre de route dans les Bouchés-du-Rhône car la transition est… brutale et bien sûr sans panneau !

C’est aussi une conséquence de notre réaménagement d’hier, car la route prévue initialement entre Nuoro et Bono semblait être une nouvelle plongée dans le désert. Or, nous avions calculé que nous y serions probablement sous une forte chaleur de début d’après-midi. Ce fut un heureux choix même si nous avons perdu un peu de quiétude !

La température a tutoyé les 48 degrés et une station essence du bord de route a fait l’office d’une oasis à 15 km de notre arrivée. Les derniers kilomètres se feront sous un soleil de plomb avant un plouf dans la piscine de l’hôtel !

Il y a de multiples raison de réaménager un parcours : le terrain, la météo, l’envie, le coup de cœur, le ravitaillement (en eau ou en nourriture). Quelle qu’en soit la raison, c’est toujours l’occasion de découvertes, jamais d’un renoncement quitte à ajouter 30 km au compteur 😉 au prix d’un manque de quiétude … temporaire !

Stephen

Impossible de prendre un petit déjeuner avant 7h30 à notre hôtel de Bono (heureusement qu’il valait le coup !) ce qui laisse sous-entendre un départ sous une chaleur déjà bien installée. C’est d’autant plus regrettable que la journée commence fort avec une montée au Passo Ucc’Aidu à 1042m d’altitude.

Une fois passés les premiers kilomètres raides (parfois à plus de 15%) pour quitter Bono, la montée se fait plus tranquille jusqu’au col. On redescend par une jolie route et traversons la réserve naturelle du Monte Pisanu dont les arbres remarquables nous procurent une fraîcheur appréciable.

Nous faisons bien d’en profiter car l’ombre sera plus rare sur la suite de la journée ! Les kilomètres qui se suivent (et se ressemblent) sont une plaine agricole aux faux airs de Savane. À la place des lions et girafes, ce sont juste des moutons (dont la Sardaigne est le premier cheptel italien) et des vaches.

On aperçoit un site nuragique en plein milieu de cette pampa. L’occasion de voir enfin de près un vestige de cette civilisation remarquable que l’on ne retrouve qu’en Sardaigne ! Au passage quelques touristes, sans doute parachutés tout droit de Sassari, qui n’ont pas dû percevoir grand-chose du milieu environnant. Il est vrai que le vélo permet de saisir les transitions dans tous les sens du terme : une itinérance géographique et sensible…

Nous poursuivons vers un endroit, dont j’ignore le nom, mais que nous nommerons « vallon de la mort ». En quelques kilomètres de descente, sur une route en très mauvais état, nous descendons dans un vallon le vent chaud de face. La température monte, les tempes claquent, le mal de tête s’installe. Il faut sortir d’ici et vite ! Je renverse une gourde sur moi pour faire baisser la température corporelle qui redescend vite une fois sorti du vallon.

On retrouve un souffle marin qui rafraîchit le corps et l’esprit à l’approche de Sassari. C’est la deuxième ville sarde, forte de près de 120 000 habitants, connue notamment pour son université. Une petite pause tardive bien méritée sur la place d’Italie, un passage devant la cathédrale Saint Nicolas et dans les ruelles de la ville. C’est clairement une ambiance différente du reste de l’île !

Les derniers kilomètres se font sur une voie rapide. Sur le bord, une piste cyclable est « aménagée ». Vu son état, je préfère (comme souvent) le bas-côté de la route ! Au loin la Corse se distingue, signe de la fin du voyage.

Une dernière soirée sarde à Porto Torres, un excellent repas et déjà l’envie de revenir car le sud de l’île reste inconnu à ce jour même si nous avons parcouru 736 km et un peu plus de 10 177 m de dénivelé !

Stephen

Échec des négociations pour avancer l’heure du p’tit dej (on ne gagne pas à tous les coups…) : du coup on part tard, la chaleur est déjà bien installée… Heureusement, nous grimpons nous mettre au frais à 1000 m d’altitude (pas très intuitif lorsqu’il s’agit de rejoindre la mer! 😜) dans le Monte Pisanu! C’est l’itineraire qui permet d’eviter les grosses routes!! Puis c’est une longue traversée d’une campagne aride (et pourtant exploitée, à en croire les fermes par-ci par-là) : on se croirait franchement dans la savane; c’est à se demander où sont les 🦁 et les girafes… La végétation est sèche, le vent est chaud et sec. Sur le chemin, des tours nuragiques, le site attire les touristes! on n’en avait plus croisés depuis Cala Gonone! Pause déj à Sassari, 2eme ville de Sardaigne, cœur étudiant de l’île : la ville est beaucoup plus cossue que tout ce que l’on a vu jusqu’alors! Petit détour par son Duomo Saint Nicolas, avant de mettre le cap vers la mer! Au loin (mais pas si loin!), la Corse se dessine à l’horizon! Dernière soirée sarde à Porto Torres… Dernier plouf depuis les plages sardes, dernière pasta sarde, dernières gelati…A dopo Sardinia! 🤗

Cécile

A dopo Sardinia !

Cécile a très bien résumé le sentiment qui nous habite après une semaine en Sardaigne lorsque nous regagnons Porto Torres : A dopo Sardinia !

En une semaine, il serait plus que présomptueux de dire que nous avons fait le tour de l’île, même si nous avons eu un très bel aperçu. Difficile de résumer un voyage en quelques mots ou en quelques images, alors je choisis de retenir deux moments : l’accueil de Giovanna et Gino à Fordongianus (étape 2) et les kilomètres parcourus sur la SS 125 qui m’ont transporté en peu de kilomètres, d’un souvenir heureux à un endroit aimé (étape 5).

Une chose est sûre : il faudra retourner en Sardaigne pour découvrir le centre et le sud de l’île. Les billets pour le ferry sont déjà réservés pour 2026 !

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